RESUME DE L'ARTICLE SCIENTIFIQUE RELATIF AUX REPRESENTATIONS SOCIALES DES MEDECINS AUTOUR DE LA DEFINITION DU DOPAGE

 

 

 

Notre problématique s'est imposée à la suite de rencontres avec un sportif dopé, un médecin de province favorable au rééquilibrage hormonal et avec deux médecins de fédérations internationales lors de la Conférence mondiale sur le dopage de Lausanne. Le docteur DEPIESSE et moi-même nous sommes aperçus que ceux-ci avaient leur propre définition du dopage et qu'elle reposait sur certains concepts. En effectuant et en analysant les entretiens, nous en sommes venus à définir deux groupes de médecins, les " légalistes ", respectueux de la liste du ministère et les " atypiques ", pro-rééquilibrage hormonal. Ces derniers, au nombre de 7, non compris le feu docteur BELLOCQ et ses adjoints, pensent que le sport de haut niveau actuel est loin de contenir les vertus qui lui sont communément attribuées. Le sport intensif n'est plus la santé, n'est plus l'équité mais contient les vices inhérents à notre société. Ces " atypiques " se considèrent d'abord comme médecins et revendiquent une seule et unique éthique, l'éthique médicale. Leur priorité est la santé du patient, quel qu'il soit. Le sport n'est pas leur préoccupation. Le sportif de haut niveau étant en déficits hormonal et métabolique, il est donc préférable de le complémenter afin qu'il retrouve sa santé. Si ils regrettent la perte des valeurs du sport, ils réclament une certaine prise en compte de la réalité. Parallèlement à cela, on s'aperçoit qu'une majorité des ces médecins ont ou ont eu des opinions politiques plus ou moins marquées à gauche (travaillistes). Ils tiennent un discours de lutte des classes où seul le pauvre se fait prendre et subit les ravages du dopage car il utilise les produits de façon non scientifique. Leur discours pose les questions de savoir ce qu'est la santé, ce qu'est un " produit naturel ", concept largement utilisé par les légalistes et posant question quant à l'électrosmyostimulation.

Les médecins " légalistes ", eux, tiennent un discours avec des valeurs qu'ils reconnaissent parfois comme utopistes (fair play, refus du professionnalisme…) mais qu'ils veulent malgré tout sauvegarder. Parmi eux, des sous-groupes apparaissent. Si les généralistes ont un discours essentiellement orienté vers l'éthique médicale, sur les problèmes de santé liés au dopage, les spécialistes du sport et de la lutte antidopage ont essentiellement une argumentation en direction de l'éthique sportive où le dopage est une tricherie. Nous nous sommes également étonnés de constater que certains " légalistes " prennent dans leurs définitions personnelles une partie de la théorie du rééquilibrage hormonal.

Un concept est pourtant apparu comme commun à l'ensemble de ces médecins, l'image du sportif en France. Seuls les produits agissant directement sur le corps sont considérés comme dopants et non pas ceux agissant sur le cerveau. On retrouve à travers les produits pharmacologiques la distinction entre le corps et l'esprit du sportif.

 

Pour conclure, nous avons pu constater, dans le cadre médical, que toute définition du dopage est corrélée aux croyances que l'on a face la conception de naturel, vis à vis de l'éthique dans le sport et sa place dans la société. A travers l'opposition " légalistes-atypique ", nous retrouvons à nouveau la distinction des années 60-80 entre tenants de l'amateurisme et du professionnalisme.

 

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