HISTORIQUE DU DOPAGE DEPUIS LES ANNEES 60

 

 

Se doper, c'est absorber un stimulant ou toute substance modifiant ou exaltant considérablement certaines propriétés avant de se présenter à un examen, une épreuve sportive" (Dictionnaire LAROUSSSE).

 

 

En 1949, selon CHAILLY-BERT: Ne doit être considéré comme doping tout ce qui pendant l'entraînement n'a pour but que de rétablir l'équilibre.

Pendant les années 60, des efforts importants ont été entrepris pour faire face au problème national du développement de la toxicomanie. Un organisme national américain, le NIDA (National Institute on Drug Abuse) a mis en oeuvre trois types d'études pour tenter d'avoir une vue d'ensemble de la nature et de l'étendue du problème.

Ceci a été également fait sur des sportifs, le travail étant commandé par l'Association Nationale des Sportifs Universitaires américains en 1984.

Les drogues; qui étaient des choses mineures, se développent aux USA et se propagent des banlieues vers les classes moyennes.

 

1960 : création de la commission médicale du CIO

mort du cycliste danois Knut JENSEN lors des JO après avoir pris des amphétamines et du tartatre de nicotinyle

1964 : élection du Prince de MERODE à la commission médicale.

La revue Constellation écrit que plus de 10% des athlètes se dopent.

Rumeurs selon lesquelles l'usage de drogues parmi les sportifs serait très répandu.

Dans les années 60, Pierre DUMAS, médecin du Tour de France, pionnier dans la lutte antidopage, fait le point: "Toutes les définitions sur le doping présentent des lacunes et reflètent même quelques divergences: une définition précise, établie à priori, n'est pas absolument nécessaire. L'important est de comprendre le problème.

 

La dimension internationale se fait lors du Colloque européen d'Uriage-les-bains, le 26 et 27 janvier 1963 et lui donne sa première définition officielle: "Est considéré comme doping, l'utilisation de substances ou de tous moyens destinés à augmenter artificiellement le rendement, en vu ou à l'occasion de la compétition, et qui peur porter préjudice à l'éthique sportive et à l'intégrité physique de l'athlète".

 

Elle est complétée quelques mois plus tard à Strasbourg: " Le doping est l'administration à un sujet sain, ou l'utilisation par lui-même, ou par quelque moyen que ce soit, d'une substance étrangère à l'organisme, de substances physiologiques en quantité ou par voie anormales et ce, dans le seul but d'augmenter artificiellement et de façon déloyale la performance du sujet à l'occasion de sa participation à une compétition.

La même année, le conseil de l'Europe publie la première liste de substances interdites.

L'arrivée des anabolisants, avec leur cortège d'effets secondaires, provoque une levée de boucliers, de la part des médecins contre le dopage. Certains autres, dans les années 60-70, y sont favorables car la science ne doit rien refuser aux sportifs.

1965: Adoption d'une loi antidopage par la France et la Belgique

 

Loi Française du 1er juin 1965 (loi n°65.412): cette loi reconnaît implicitement la liberté fondamentale de la prescription médicale et ne condamnerait que le sportif qui s'est dopé sciemment.

art.1er - Sera puni d'une amende de 500 à 1000 F quiconque aura, en vue ou en cours d'une compétition sportive utilisé sciemment l'une des substances déterminées par le règlement d'administration publique, qui sont destinées à accroître artificiellement et passagèrement ses possibilités physiques et sont susceptibles de nuire à sa santé.

 

art.2 - Sera puni d'un emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 500 à 1000 F ou de l'un de ces deux peines seulement quiconque aura, par quelque moyen que ce soit, facilité sciemment l'accomplissement des actes visés à l'article 1er ci-dessus ou aura incité à les accomplir.

Lorsqu'il y aura lieu à l'application des articles 319 et 320 du Code pénal, les peines prévues par ces articles seront portés au double.

 

art.3 - Les officiers de police judiciaire ou les agents de police judiciaire mentionnés à l'article 20 du Code de procédure pénale peuvent, à la demande d'un médecin agréé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, faire procéder, sous contrôle médical, sur un concurrent auteur présumé de l'infraction définie à l'article 1er de la présente loi, aux prélèvements et examens médicaux, cliniques et biologiques, destinés à établir la preuve de l'utilisation d'une substance visée au dit article.

Sera puni des peines prévues à l'article 2 (1er alinéa) de la présente loi, quiconque aura refusé de se soumettre à ces prélèvements ou examens.

 

art.4 - Les condamnations prononcées par application des articles 1er, 2 et 3 peuvent être assorties, à titre complémentaire, de l'interdiction pendant une durée de trois mois à cinq ans de participer à toute compétition sportive, d'en être l'organisateur et d'y assumer une foncion quelconque, officielle ou non.

Les infractions à cette interdiction sont punies des peines prévues à l'article 2.

 

Cette loi ne fut appliquée que deux fois.

A la suite d'une de ces deux affaires, la chambre correctionnelle de Bordeaux a rendu un verdict édifiant et d'une sérénité exemplaire:

1. "Le doping prévu et réprimé par la loi du 1er juin 1965 (art.1), ne peut être légalement reconnu que dans l'éventualité ou l'absorption des substances prohibées, quelqu'en soit la représentation même au cas où elles seraient incorporées dans une spécialité pharmaceutique, a eu lieu sciemment, dans le but d'accroître artificiellement et passagèrement les possibilités physiques de celui qui participe à une compétition sportive, ces substances étant de nature à nuire à la santé.

 

2. Les conditions ne sont pas remplies lorsque ces produits ont été absorbés sur prescription médicale, dans un but simplement curatif, le médecin ayant en effet le pouvoir d'apprécier selon les données de la science, les remèdes destinés au traitement d'une affection, lesquels remèdes loin d'être dangereux pour le sujet comme l'interdit la loi, sont au contraire nécessaires à son rétablissement sans pour autant accroître ses possibilités physiques de façon artificielle.

 

3. La liberté de la prescription médicale est fondamentale et on ne saurait y mettre obstacle par une interprétation extensive sinon abusive d'une loi pénale spéciale qui n'y porte nulle atteinte.

4. Il serait par ailleurs déraisonnable que les sportifs sujets, comme c'est souvent le cas pour les cyclistes, à des refroidissements bénins, soient empêchés de faire soigner de telles affections le plus souvent bénignes par des remèdes appropriés qui pourraient être d'ailleurs les seuls indiqués même s'ils contiennent des substances prohibées dans le cadre de la "loi" "antidoping", dès lors que ces remèdes leur ont été prescrits à titre de simples soins médicaux pour les rétablir sans pour autant les stimuler de façon nocive ou dangereuse dans le but prohibé par la loi.

 

5. Il doit donc en tout cas être admis que l'absorption sur prescription médicale, dans un but seulement curatif de remèdes quels qu'ils soient même s'ils contiennent des substances énumérées par le décret du 10 juin 1966 pris pour l'application de la loi du 1er juin 1965 n'entre pas dans les prévisions de cette loi, et ne constitue pas l'infraction qu'elle réprime.

 

6. Spécialement lorsqu'il est vrai qu'un coureur n'a pas au départ de l'étape à l'arrivée de laquelle a eu lieu le prélèvement de ses urines pris sur ordonnance médicale, les comprimés de Corydrane qu'il affirme avoir absorbés, qu'il dit que ce remède, dont il aurait conservé les comprimés restants, lui avait été prescrit par son médecin un certain temps auparavant, pour le guérir d'une précédente atteinte grippale, il n'en demeure pas moins pour que la loi du 1er juin 1965 puisse trouver application et que l'infraction soit reconnue, qu'il est nécessaire que soit tenu pour certain l'élément intentionnel de l'infraction comme le fait d'avoir absorbé l'un de stimulants dangereux visés par les textes, sciemment, dans le but interdit par la loi. Lorsque cet élément intentionnel est douteux, il convient de relaxer le prévenu à des fins de la prévention."

 

1966: Adoption d'une loi antidopage par l'Irlande

1967: Création de la Commission médicale du CIO

1968 : Entrée en jeu d'un laboratoire officiel de contrôle antidopage. Création d'une liste de produits interdits. Pas de définition de ce qu'est le dopage.

Premiers tests de dépistage de l'usage de stimulants et de narcotiques à Grenoble et Mexico. Un athlète est disqualifié pour avoir pris de l'alcool.

1969: Adoption d'une réglementation antidopage nationale par l'Association sportive en Suisse.

1971: Adoption de lois nationales antidopage par l'Italie et la Turquie.

La plus important Ligue professionnelle de base-ball des Etats-Unis met sur pied un programme de lutte antidopage pour ses licenciés car ce n'est plus un secret pour personne, les joueurs font un usage immodéré de marijuana, amphétamines et stimulants à base de benzédrine.

La cocaïne entre sur la liste des produits interdits par le CIO.

1972: Création du Comité médical de la FIAA

Jay SILVESTER, recordman du monde du disque, fait une enquête auprès d'autres athlètes et s'aperçoit que les 2/3 avaient déjà pris des stéroïdes pendant l'entraînement.

 

Dans les années 70 sont menées des enquêtes sur l'hérédité quant à l'alcoolisme. Elles font apparaître que le risque de devenir alcooliques pour des enfants d'alcooliques était évalué à 3 voire 4 fois plus important que pour des enfants de non alcooliques. Il y aurait selon de multiples recherches une composant due à l'hérédité. Il ne serait pas dû à l'environnement familial. Mais actuellement aucune loi n'a pu être établie concernant l'origine génétique de l'alcoolisme. Une liaison a été faite avec le niveau scolaire. Il y aurait une corrélation entre le faible niveau scolaire et l'alcoolisme. Les élèves adolescents ayant les plus gros scores auraient pour leur part une plus grande propension à consommer des substances illicites

 

1973: l'OMS définit la drogue comme "Toute substance qui, introduite dans l'organisme, modifie une ou plusieurs de ses fonctions". Cette définition s'est précisée avec la notion de dépendance: "toute substance susceptible d'engendrer une dépendance et pouvant avoir de sérieux effets psychotiques".

Définition du dopage par le Conseil de l'Europe.

1974: Interdiction de l'usage des stéroïdes anabolisants par le CIO et la FIAA

1975: des études font ressortir que la toxicomanie portant sur les médicaments ou les drogues interdites restent un problème majeur de santé publique et a même augmenté durant les années 70. On estime que 24 millions (10% de la population) d'américains consomment au moins une substance illicite tous les mois. L'alcool reste la "drogue" la plus consommée.

1976: Adoption d'une loi nationale antidopage en Grèce

1977: RAPP fait pour la première fois la distinction entre dopage et dopage sportif et reconnaît ainsi le caractère déloyal du dopage sportif, qui ne l'est pas pour le dopage en général.

Un étudiant qui absorbe des psychostimulants est-il malhonnête par rapport à ses congénères?

1978: Adoption d'une loi nationale antidopage au Danemark

1979: Adoption d'une loi nationale antidopage au Portugal

 

Dans les années 80 se dessine une tendance à vouloir améliorer les méthodes de détection et d'identification des dopants dans les urines.

1980, MOSCOU. Pour le Prince de Mérode, "ces Jeux ont été les plus propres."

1982: Adoption d'une loi nationale antidopage en Finlande

1983: Scandale lors des Jeux Panaméricains de Caracas à la suite du départ précipité de nombreux athlètes avant les compétitions afin d'éviter d'être soumis à des tests. 19 athlètes sont disqualifiés dont 2 canadiens.

Nelly LESELBAUM montre que, dans les lycées de la région parisienne, un élève sur quatre a fait l'expérience de la drogue et, pour les 9/10e d'entre eux, celle du cannabis.

1984: Charte européenne antidopage du Conseil de l'Europe.

1985: Convention antidopage des pays nordiques

1986: mort due à la cocaïne de la superstar du basket américain Ten BIAS et du footballeur professionnel DON ROGERS.

Jusqu'à cette date, 1,6 milliards de $ ont été dépensés pour le traitement et la prévention des toxicomanies et de l'alcoolisme.

1987: Les ministres chargés du sport dans les pays socialistes font une déclaration conjointe contre le dopage dans le sport.

Première conférence sur le dopage dans le sport par la FIA (Fédération Internationale d'Athlétisme)

1988-89: commission d'enquête canadienne sur le dopage dans le sport après l'affaire BEN JOHNSON. En parallèle des commissions d'enquête similaires se font dans des pays anglophones comme la Grande Bretagne, les USA et l'Australie.

Ce n'est qu'à partir de ce moment que l'on fait des tests en dehors des compétitions alors que le monde sportif savait que c'était nécessaire depuis une dizaine d'années.

 

21 juin 1988: élargissement des principes de la charte européenne contre l'usage du dopage

 

novembre 1988: colloque antidopage lors de la Conférence sportive européenne

 

novembre 1988: accord bilatéral sur le contrôle antidopage entre les USA et l'URSS.

 

octobre 1989: deuxième conférence mondiale internationale sur l'antidopage

 

La loi du 28 juin 1989 met des flous avec le rééquilibrage hormonal:

"Il est interdit à toute personne d'utiliser, au cours des compétition et manifestation sportives organisées ou agrées par des fédération sportives ou en vue d'y participer, les substances et les procédés qui, de nature à modifier artificiellement les capacités ou à masquer l'emploi de substances ou de procédés ayant cette propriété, sont déterminés par arrêt conjoint des ministres chargés des sports et de la santé(...).

Le médecin qui, à des fins thérapeutiques, prescrit un traitement à une personne est tenu, à la demande de celle-ci, de lui indiquer si ce traitement fait appel à des substances ou à des procédés interdits en vertu du premier alinéa du présent article."

 

LES DISPOSITIONS INSTAUREES PAR LA LOI DU 28 JUIN 1989

La prévention et l'éducation

Elles reposent sur quatre points fondamentaux.

L'information: par une campagne d'information auprès des jeunes, y compris dans le cadre du sport scolaire; des renseignements figurant sur les médicaments qui doivent porter sur la notice d'utilisation des précisions sur la classe des substances qu'ils comportent en regard de la loi; l'obligation pour le médecin d'informer, à la demande de l'athlète, s'il prscrit des substances ou procédés prohibés à l'appui d'un traitement médical.

 

La formation par l'intégration dans les programmes de formation dispensés aux éducateurs, enseignants et entraîneurs ainsi qu'aux médecins, d'éléments sur les dispositifs de lutte contre le dopage.

 

La recherche par la mise en place de programme de recherche sur les effets des suubstances dopantes sur l'être humain à moyen terme, ainsi que sur la préparation des athlètes de haut niveau.

 

La surveillance médicale spécifique par l'institution d'un suivi médical en faveur des athlètes de haut niveau, surveillance médicale systématique et création de structures médicales adaptées.

 

La répression

Elle est assurée par trois types de mesure:

- des sanctions disciplinaires (dont les durées extrêmes sont fixés par les décrets du 1er avril 1992 et du 27 août 1992),

- des mesures (sanctions) administratives (fixées par la loi du 28 juin 1989),

- des sanctions pénales (fixées par la même loi).

 

Les mesures disciplinaires sont prononcées selon la compétition au cours de laquelle a été constatée l'infraction par le CIO et/ ou la fédération internationale et / ou la fédération française concernée. Les sanctions peuvent aller de l'exclusion de la compétition (entraînant le retrait éventuel de la médaille et/ou du titre obtenus), à la suspension (maximum de trois ans pour un premier cas, jusqu'à cinq ans en cas de récidive et dix ans pour les pourvoyeurs ou incitateurs) et à la radiation çà vie selon la nature de l'infraction.

 

Des mesures administratives renforcées peuvent être prononcées par le ministre, à titre temporaire ou définitif, en cas de sanctions disciplinaires inexistantes ou insuffisantes de la part de la fédération, contre:

- les utilisateurs (sportifs)

- les "pourvoyeurs" (médecins, entraîneurs, soigneurs...)

- les "facilitateurs" (idem).

Ces mesures consistent en une interdiction relative à la participation directe ou indirecte, à l'organisation et au déroulement de compétitions ou manifestations agréées par les fédération sportives.

Cette interdiction est prononcée par le ministre. Elle peut être infligée à titre provisoire (trois mois) par le ministre ou à titre définitif (temporaire ou non) par le ministre sur proposition de al commission nationale de lutte contre le dopage, créée par la loi du 28 juin 1989, qui joue un rôle fondamental dans ce domaine (se reporter à l'article concerné).

 

Les sanctions pénales visent à réprimer à la fois:

- l'utilisation des substances ou procédés prohibés, - leur incitation à les utiliser,

- leur administration.

La loi, dans ce cadre, fixe également les obligations des professionnels (médecins, pharmaciens, soigneurs, managers, entraîneurs) en interdisant sous réserve de nécessité thérapeutique, l'administration des substances prohibées ou l'application des procédés interdits. De plus, comme vu précédemment eu sur demande du patient, le médecin qui prescrit un traitement aux seules fins thérapeutiques est tenu de révéler la présence de substances interdites.

 Années 90 : renaissance italienne en vélo (apparition de nouveaux produits)

1997 : De grands noms du sport français sont pris positifs aux stéroïdes anabolisants.

1999 : nouvelle loi contre le dopage en France

 

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